Retrouvez ici, de temps un temps, un message signé par Corine...

>>> EDITO du 19 février 2009

Les évènements actuels me plongent dans le souvenir de sensations désagréables, presque douloureuses.
Et ça se trouve à la page 360 du Fil du Temps.


Le 2 janvier 1985, nous sommes dans l’avion pour La Martinique où nous allons donner un concert.

Pendant deux jours, la beauté des couchers de soleil, les saveurs de la nourriture, l’exaltation d’être en bateau ou de nager dans la mer, le plaisir de chanter à toute heure, toute cette vie si chaude et éclatante se mélangent confusément au chagrin et au manque. Et puis c’est la vie qui gagne du terrain, seconde après seconde. J’ai de plus retrouvé ma sœur Cécile, anesthésiste d’île en île, de bout du monde en bout du monde ; elle est belle, porte sa famille à bout de bras, ayant trouvé son salut dans le soin et l’attention aux autres.

Nous sommes royalement reçus par les jeunes gens békés, habitués à la grande vie, au luxe, aux plaisirs et aux bienfaits que peut offrir cette nature si vaste et généreuse. Le concert devient presque secondaire pour une fois. Nos hôtes nous emmènent dans des endroits exceptionnels, déserts, intacts et nous croulons sous les invitations. C’est un petit monde, ils se connaissent tous. Ils vivent pour la plupart dans des propriétés grandioses. Tout y est ; les terres à perte de vue, la grande maison blanche à colonnes qui culmine ; les plantations de bananes où travaillent des Noirs, le visage dissimulé par de grands chapeaux de paille ; quelques vieux bâtiments de pierres ça et là, avec des barreaux de fer rouillés aux emplacements des fenêtres qui sécrètent encore les souffrances de l’esclavage ; la table somptueuse où nous déjeunons servis par des domestiques noirs à l’expression dure et fermée, qui baissent la tête et se détournent lorsque je tente de leur sourire ou de croiser leur regard. Oui, l’Histoire est bien présente et bien lourde. Je suis affligée, je me sens honteuse et coupable, et encore et toujours devoir porter la condition humaine. J’observe tristement et avec surprise ce monde issu du colonialisme ; les parents travaillent, dirigent et restent les maîtres du jeu ; les enfants s’éclatent, se défoncent ; ils reprendront le flambeau plus tard.

« J’ai mal aux autres » disait Jacques Brel.




>>> l e s v o e u x d e C o r i n e p o u r 2 0 0 9

Voyons, voyons...

Si je relis les voeux de 2008, je suis tentée de faire un « copier/coller ».

Et pourtant, il se passe quelques évènements remarquables.

L'avidité, l'égoïsme, la cupidité, la malhonnêteté ont enfin réussi à fendiller le système. En voilà de la rupture !

Saurons-nous en tirer avantage et faire du neuf ?

C'est la question pour 2009, nouvelle année que je vous souhaite pleine de santé, de joie d'être vivant, de projets épanouissants et d'une conscience en ouverture pour le plus grand bien de tous.

Corine


>>> Corine:lesvoeux2008

La société du spectale arrive à son apogée, nous l'espérons.
Car peut-on réellement faire mieux ?
La confusion des valeurs est pleinement réalisée.
La mégalomanie et le narcissisme sont maintenant des traits de caractère appréciés et indispensables.
Les politiques et les stars se mélangent, se confondent, se délectent.
La jet-set a accédé au pouvoir et les VIP jouissent à tout va, décomplexés.
L'indécence de leurs comportements de parvenus ambitieux, boulimiques et exhibitionnistes ne dérange plus grand monde.
Les médias s'agitent comme des volailles décapitées.

Et le veau d'or est toujours debout.
Les riches et les puissants n'ont cure d'éliminer les faibles et les pauvres.
Les derniers envient bêtement les premiers.
Les dictateurs s'épanouissent, confiants dans leurs congénères.
Les collusions et les corruptions imposent les règles du jeu.
Le diable, celui qui sépare et qui désunit, doit se tordre de rire.

Les effets de notre révolution et de notre déclaration des droits de l'homme sont-ils donc dissous dans l'espace ?
Alors... rien de neuf sous le soleil.
Sauf que... aujourd'hui, en plus, le soleil nous brûle, par nos excès et nos abus.

Pour 2008, je nous souhaite d'oeuvrer pour réparer les innombrables ruptures.
En retissant des liens de qualité.
Des liens entre le passé, le présent et le futur.
Des liens entre le monde minéral, le monde végétal, le monde animal, le monde humain.
Des liens dans notre famille.
Des liens avec nos voisins.
Des liens, des liens, des liens.

Je nous souhaite de croire encore que tout cela a un sens, si tout cela est irréversible.
Je nous souhaite de trouver le courage d'opposer une ferme résistance face au système en vigueur pour quelques temps encore, j'en ai peur.
Je nous souhaite une très belle année de renouveau en douceur et en profondeur.
Je nous souhaite de nous inventer une vie décente pour tous.
A nous de jouer !

Corine


 

>>> Corinemai2007

« Il y a un passage très périlleux dans la vie des peuples démocratiques.

 « Lorsque le goût des jouissances matérielles se développe chez un de ces peuples plus rapidement que les lumières et que les habitudes de la liberté, il vient un moment où les hommes sont emportés et comme hors d'eux-mêmes, à la vue de ces biens nouveaux qu'ils sont prêts à saisir. Préoccupés du seul soin de faire fortune, ils n'aperçoivent plus le lien étroit qui unit la fortune particulière de chacun d'eux à la prospérité de tous. Il n'est pas besoin d'arracher à de tels citoyens les droits qu'ils possèdent ; ils les laissent volontiers échapper eux-mêmes(...)

« Si, à ce moment critique, un ambitieux habile vient à s'emparer du pouvoir, il trouve que la voie à toutes les usurpations est ouverte. Qu'il veille quelque temps à ce que tous les intérêts matériels prospèrent, on le tiendra aisément quitte du reste. Qu'il garantisse surtout le bon ordre. Les hommes qui ont la passion des jouissances matérielles découvrent d'ordinaire comment les agitations de la liberté troublent le bien-être, avant que  d'apercevoir comment la liberté sert à se le procurer ; et, au moindre bruit des passions politiques qui pénètrent au milieu des petites jouissances de leur vie privée, ils s'éveillent et s'inquiètent ; pendant longtemps la peur de l'anarchie les tient sans cesse en suspens et toujours prêts à se jeter hors de la liberté au premier désordre.

 « Je conviendrai sans peine que la paix publique est un grand bien ; mais je ne veux pas oublier cependant que c'est à travers le bon ordre que tous les peuples sont arrivés à la tyrannie. Il ne s'ensuit pas assurément que les peuples doivent mépriser la paix publique ; mais il ne faut pas qu'elle leur suffise. Une nation qui ne demande à son gouvernement que le maintien de l'ordre est déjà esclave au fond du coeur ; elle est esclave de son bien-être, et l'homme qui doit l'enchaîner peut paraître. (...)

« Il n'est pas rare de voir alors sur la vaste scène du monde, ainsi que sur nos théâtres, une multitude représentée par quelques hommes. Ceux-ci parlent seuls au nom d'une foule absente ou inattentive ; seuls ils agissent au milieu de l'immobilité universelle ; ils disposent, suivant leur caprice, de toutes choses, ils changent les lois et tyrannisent à leur gré les moeurs ; et l'on s'étonne en voyant le petit nombre de faibles et d'indignes mains dans lesquelles peut tomber un grand peuple...

 « Le naturel du pouvoir absolu, dans les siècles démocratiques, n'est ni cruel ni sauvage, mais il est minutieux et tracassier. »

                                                                                          Alexis de Tocqueville

 Extrait de  De la Démocratie en Amérique ,  Livre II, 1840 (10/18, 1963).


 

>>> Corinevoeux2007!

Salut à vous,

Le temps passe et le 31 décembre, il sera trop tard pour aller chercher votre carte d'électeur à la mairie.
Allez, un petit effort.
Souvenez-vous de 2002, et n'oubliez-pas que les démons sont toujours là, tapis au fond de nous (chez certains en tous cas).
Le vote tiendra peut-être plus de l'arithmétique que de la philosophie, il sera peut-être plus pour éviter que pour promouvoir.
Mais c'est une des armes réelles dont nous disposons pour combattre la bêtise, la toute-puissance et la brutalité.
Bonne année 2007 à tous, dans le pays des Droits de l'Homme.
Corine


>>> lesvoeuxdeCorinepour2006!

une toute petite parole en guise de voeux




>>> lacartedevoeux2005

Par la magie de la toile, deux artistes se croisent
sur une fantaisie virtuelle. Ecoutez la liberté prise
par Didier Bardin qui revisite la chanson Berceuse.

Téléchargez cette nouvelle version de la chanson

ICI

Meilleurs voeux pour 2005 ! Bonnes résolutions !!


>>> CARTE DE VOEUX de janvier 2004

J'ai retrouvé un texte qui m'était passé entre les mains il y a exactement 10 ans. J'en fais ma carte de voeux pour 2004, car franchement, il n'a pas pris une ride.

"Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans aliénation, vivez autant que possible en bons termes avec toute personne. Dîtes doucement et clairement votre vérité ; et écoutez les autres, même le simple d'esprit et l'ignorant ; ils ont eux aussi leur histoire. Evitez les individus bruyants et agressifs, ils sont une vexation pour l'esprit.
Ne vous comparez avec personne : vous risqueriez de devenir vain ou vaniteux. Il y a toujours plus grand et plus petit que vous.
Jouissez de vos projets, aussi bien que de vos accomplissements. Soyez toujours intéressé à votre carrière, si modeste soit-elle ; c'est une véritable possession dans les prospérités changeantes du temps.
Soyez prudent dans vos affaires, car le monde est plein de fourberies. Mais ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe : plusieurs individus recherchent les grands idéaux, et partout la vie est remplie d'héroïsme.
Soyez vous-même. Surtout n'affectez pas l'amitié. Non plus ne soyez cynique en amour, car il est, en face de toute stérilité et de tout désenchantement, aussi éternel que l'herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années, en renonçant avec grâce à votre jeunesse. Fortifiez une puissance d¹esprit pour vous protéger en cas de malheur soudain. Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères. De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au delà d'une discipline saine, soyez doux avec vous-même. Vous êtes un enfant de l'univers, pas moins que les arbres et les étoiles ; vous avez le droit d'être ici. Et, qu'il vous soit clair ou non, l'univers se déroule sans doute comme il le devrait.
Soyez en paix avec Dieu, quelle que soit votre conception de lui, et quels que soient vos peines et vos rêves, gardez dans le désarroi bruyant de la vie, la paix dans votre âme.
Avec toutes ses perfidies, ses besognes fastidieuses et ses rêves brisés, le
monde est pourtant beau.
Soyez positif et attentif aux autres.
Et tâchez d'être heureux."

Auteur inconnu
1692





>>>
EDITO du 20 juin 2003


Atteint d'un cancer lymphatique, Gabriel Garcia Marquez a écrit une lettre d'adieu :

" Si pour un instant Dieu oubliait que je suis une marionnette en chiffons, et qu'il m'offre un morceau de vie, je profiterais de ce temps le plus possible.
Je suppose que je ne dirais pas tout ce que je pense, mais en définitif, je penserais tout ce que je dis.
Je donnerais une valeur aux choses, pas pour ce qu'elle valent, mais pour ce qu'elles signifient.
Je dormirais peu, je rêverais plus. Je crois que chaque minute passée les yeux fermés représente soixante secondes en moins de lumière.
Je marcherais quand les autres s'arrêtent, je me réveillerais quand les autres dorment.
Si Dieu m'offrait un morceau de vie, je m'habillerais simplement, me déshabillerais sous le soleil, en laissant à nu non seulement mon corps, mais aussi mon âme.
Je prouverais aux hommes combien ils se trompent en pensant qu'on ne tombe plus amoureux en vieillissant, et qu'ils ne savent pas qu'on vieillit lorsqu'on cesse de tomber amoureux.
Je donnerais des ailes à un enfant, mais je le laisserais apprendre à voler seul.
J'enseignerais aux vieux que la mort ne vient pas avec l'âge, mais avec l'oubli.
J'ai appris tant de choses de vous, vous les hommes…
J'ai appris que tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans savoir que le véritable bonheur réside dans la manière de l'escalader.
J'ai appris que quand un nouveau-né serre fort de son petit poing, pour la première fois, la main de son père, il le retient pour toujours.
J'ai appris qu'un homme n'a le droit d'en regarder un autre de haut que pour l'aider à se lever.
J'ai appris tant de choses de vous, malheureusement elles ne me serviront plus à grand chose, car lorsqu'on me rangera dans ce coffre, je serai malheureusement mort.
Dis toujours ce que tu sens, et fais ce que tu penses.
Si je savais que je te vois dormir aujourd'hui pour la dernière fois, je t'embrasserais très fort et je prierais le Seigneur pour pouvoir être le gardien de ton âme. Si je savais que ce sont les dernières minutes où je te vois, je te dirais " je t'aime", sans présumer bêtement que tu le sais déjà. Il y a toujours un lendemain et la vie nous donne une autre occasion de faire bien des choses, mais si jamais je me trompe et que je n'ai plus que ce jour, j'aimerais te dire combien je t'aime et que je ne t'oublierai jamais.
Le lendemain n'est garanti à personne, qu'il soit jeune ou vieux.
Aujourd'hui peut être le dernier jour où tu vois ceux que tu aimes. N'attends pas, fais-le aujourd'hui, car si demain ne vient pas, tu regretteras sûrement de n'avoir pas pris le temps d'un sourire, d'une caresse, d'un baiser, car tu étais trop occupé pour pouvoir faire plaisir.
Garde près de toi ceux que tu aimes, dis-leur à l'oreille combien tu as besoin d'eux, aime-les et traite-les bien, prends le temps de leur dire
"je regrette" , "pardonne-moi" , "s'il te plaît" , "merci", et tous les autres mots d'amour que tu connais.
Personne ne se souviendra de toi pour tes pensées secrètes. Demande au Seigneur la force et la sagesse de les exprimer. Montre à tes amis et aux êtres chers combien ils sont importants pour toi. "

Bises
Corine



>>> EDITO du 04 mars 2003


photo Jean-Michel GUIET

A Boa Vista, il y a le ciel immensément bleu, l'océan profondément turquoise et bleu fonçé, les rouleaux blancs fracassants, le sable blond et chaud et doux, les montagnes violettes, la terre orange, les pierres noires, le vent dense qui lave les peines, la lumière vive qui anime tout, les cabris qui mettent bas dans les pierriers, les tamariniers qui nous donnent un peu d'ombre, quelques buissons d'aloé vera dont le suc soigne admirablement les ampoules, l'espace, quelques villages pas encore désertés, d'autres villages abandonnés aux fantômes, Lulucha, Louis, et Juan qui nourrissent et assistent les quelques baroudeurs qui viennent jusqu'à eux, une grande paix, des cieux tellement étoilés, des météorites qui traversent la nuit, des hommes qui
marchent la nuit dans les rues de Rabil en chantant une chanson triste et douce au son d'une vieille guitare nylon, un sentiment de calme devant le désert qui s'installe et la dignité de ceux qui restent avec rien. Une désolation sereine et sublime.

Bises
Corine

 




>>>
EDITO du 06 janvier 2003


Une vieille légende hindoue raconte qu'il y eut un temps où tous les hommes étaient des dieux. Mais ils abusèrent tellement de leur divinité que Brahma, le maître des dieux, décida de leur ôter le pouvoir divin et de le cacher à un endroit où il leur serait impossible de le retrouver. Le grand problème fut donc de lui trouver une cachette. Lorsque les dieux mineurs furent convoqués à un conseil pour résoudre ce problème, ils proposèrent ceci : "Enterrons la divinité de l'homme dans la terre." Mais Brahma répondit : "Non, cela ne suffit pas car l'homme creusera et la trouvera." Alors les dieux répliquèrent : "Dans ce cas, jetons la divinité dans le plus profond des océans." Mais Brahma répondit à nouveau : "Non, car tôt ou tard l'homme explorera les profondeurs de tous les océans, et il est certain qu'un jour il la trouvera et la remontera à la surface. Alors les dieux mineurs conclurent : "Nous ne savons pas où la cacher car il ne semble pas exister sur terre ou dans la mer d'endroit que l'homme ne puisse atteindre un jour." Alors Brahma dit : "Voici ce que nous ferons de la divinité de l'homme : nous la cacherons au plus profond de lui-même, car c'est le seul endroit où il ne pensera jamais la chercher." Depuis ce temps-là, conclut la légende, l'homme a fait le tour de la terre, il a exploré, escaladé, plongé et creusé,… à la recherche de quelque chose qui se trouve en lui.

BONNE ANNEE 2003
Corine